Contexte et problématique dans lesquels s’insèrent nos projets

Magangué est une grande ville portuaire du Nord de la Colombie, qui accueille de nombreuses familles déplacées. Ces dernières qui ont dû fuir leurs terres en raison du conflit armé. Dans des quartiers d’invasion, sans reconnaissance légale, ni infrastructures, ces familles doivent surmonter le traumatisme du déplacement, tout en trouvant de nouveaux moyens de subsistance. Ces quartiers abritent aussi d’autres familles avec peu de ressources, issues notamment de l’exode rural. C’est une population fragilisée, qui a perdu ses repères. Ces personnes requièrent un soutien important pour améliorer leurs conditions de vie. Elle ont également besoin d’apprendre à s’organiser afin de recréer un tissu social.

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Pour les aider dans cette dynamique, le projet cible cinq quartiers de Magangué, aux conditions de vie particulièrement précaires, notamment en raison du grand pourcentage de personnes déplacées. Les quartiers sont : Nueva Colombia, Yati, La Peña, et Santa Fe, auxquels se rajoutera depuis 2017 Barranca Yuca.

La population concernée par le projet est composée principalement d’enfants, entre 5 et 10 ans, faisant leur école primaire, ainsi que les jeunes entre 11 et 16 ans habitant dans les communautés vulnérables. Enfin, les femmes et les hommes victimes des déplacements forcés ou en situation de grande précarité.

Projet Ecole pour la paix

Le taux de chômage de ces quartiers est très élevé. Le peu d’emplois auxquels ces personnes ont accès, en raison de leur faible niveau de scolarité, sont de type informels, mal rémunérés, sans aucune sécurité. Selon la chambre de commerce, 52% des familles de Magangué ont un revenu moyen de 3 CHF par jour. L’étude réalisée par l’Association Atucsara auprès des familles participant au projet a démontré que leur revenu était plutôt de 1-2 CHF par jour. En outre, ces familles, dans la majorité des cas, ne bénéficient pas des services de base (eau, système d’égouts, électricité et gaz), ce qui génère des conditions de salubrité insuffisantes dans de nombreux endroits.

Dans cette communauté, on constate également une importante ignorance de leurs droits. Par conséquent, leur vulnérabilité est plus importante vis à vis des différentes formes d’exploitation présentes dans la région: trafic de drogue, recrutement par des bandes armées, prostitution, exploitation sexuel d’enfants. Le tissu social dans lequel ils évoluent est très fragile.

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Projet développement communautaire

Le danger est particulièrement important pour les enfants et les jeunes. Les établissements scolaires (écoles, collèges) auxquelles ceux-ci ont accès offrent une éducation insuffisante, avec des méthodes éducatives souvent dépassées, et peu efficaces pour le développement de leurs capacités cognitives.

Le déplacement, la pauvreté extrême et les violations constantes de leurs droits amènent fréquemment ces jeunes à rejoindre des groupes de délinquants ou par défaut, à accepter d’intégrer des réseaux de prostitution dirigés par de gangs liés au micro-trafique. Malheureusement, le contexte ne laisse souvent pas le choix, afin d’obtenir un revenu leur permettant de répondre aux besoins minimaux de leur famille. Comme susmentionné le niveau de formation est très bas, donc l’accès à un emploi reste difficile. On estime qu’une personne qui pratique le micro-trafique peut recevoir 15 CHF quotidiens, ce qui rend cette activité très attractive. Comme conséquence, les jeunes dès l’âge de 10-12 ans intègrent souvent le milieu de la délinquance et de la drogue.

Projet securité alimentaire