Contexte et problématique dans lesquels s’insèrent nos projets
Magangué est une grande ville portuaire du Nord de la Colombie, qui accueille de nombreuses familles déplacées. Ces dernières qui ont dû fuir leurs terres en raison du conflit armé. Dans des quartiers d’invasion, sans reconnaissance légale, ni infrastructures, ces familles doivent surmonter le traumatisme du déplacement, tout en trouvant de nouveaux moyens de subsistance. Ces quartiers abritent aussi d’autres familles avec peu de ressources, issues notamment de l’exode rural. C’est une population fragilisée, qui a perdu ses repères. Ces personnes requièrent un soutien important pour améliorer leurs conditions de vie. Elle ont également besoin d’apprendre à s’organiser afin de recréer un tissu social.

Pour les aider dans cette dynamique, le projet cible six quartiers de Magangué, aux conditions de vie particulièrement précaires, notamment en raison du grand pourcentage de personnes déplacées.
La population concernée par le projet est composée principalement d’enfants, entre 5 et 10 ans, faisant leur école primaire, ainsi que les jeunes entre 11 et 20 ans habitant dans les communautés vulnérables. Enfin, les femmes et les hommes victimes des déplacements forcés ou en situation de grande précarité.
Dans ces communautés, on constate également une importante ignorance de leurs droits. Par conséquent, leur vulnérabilité est plus importante vis à vis des différentes formes d’exploitation présentes dans la région: trafic de drogue, recrutement par des bandes armées, prostitution, exploitation sexuel d’enfants. Le tissu social dans lequel ils évoluent est très fragile. Le danger est particulièrement important pour les enfants et les jeunes. Les établissements scolaires (écoles, collèges) auxquelles ceux-ci ont accès offrent une éducation insuffisante, avec des méthodes éducatives souvent dépassées, et peu efficaces pour le développement de leurs capacités cognitives. Le déplacement, la pauvreté extrême et les violations constantes de leurs droits amènent fréquemment ces jeunes à rejoindre des groupes de délinquants ou par défaut, à accepter d’intégrer des réseaux de prostitution dirigés par de gangs liés au micro-trafique. Malheureusement, le contexte ne laisse souvent pas le choix, afin d’obtenir un revenu leur permettant de répondre aux besoins minimaux de leur famille.
Pour venir en aide à ces familles deux projets sont mis en œuvres :
L’ École pour la Paix propose aux enfants et aux jeunes des alternatives à la violence et leur offre des perspectives de vie saine. D’une part, elle forme des jeunes comme leaders ou comme intervenant-es communautaires en mettant l’accent sur les droits humains, la participation citoyenne et la préservation de l’environnement. Elle leur donne également la possibilité d’avoir accès à des formations professionnelles certifiantes. D’autre part, elle encadre ces jeunes formé-es pour mettre sur pied des actions à plus grande échelle, en développant un réseau d’appuis scolaires et des activités artistiques et sportives pour les enfants dans les quartiers, ou en délivrant des messages de prévention dans les écoles et sur les réseaux sociaux.
Projet développement communautaire : agriculture et micro-entreprise
Face à la précarité et aux chocs climatiques, le programme vise à renforcer la résilience des communautés en soutenant la production agricole et le développement économique local. Le projet accompagne les producteurs et productrices dans la diversification des cultures et l’adoption de pratiques agroécologiques, ainsi que dans la valorisation des récoltes. En parallèle, il soutient la structuration d’activités économiques, principalement portées par des femmes, dans des domaines comme le textile ou la transformation de produits.